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La directrice artistique

Danielle Gabou

Danielle Gabou est réalisatrice et directrice artistique de la Compagnie Sans Sommeil, qu’elle fonde en 2001 avec Caroline Tricotelle.

À travers ce lieu de création, elle développe une recherche artistique singulière où le théâtre documentaire devient un espace de parole, de mémoire et de transformation. Sa démarche interroge les mémoires féminines, la dignité humaine et les liens invisibles entre les êtres, en mêlant théâtre, danse, musique et cinéma documentaire.

Depuis plus de vingt ans, ses créations explorent des thématiques fortes telles que l’exil, l’enfermement, l’identité, la transmission, les violences et les processus de résilience. Son travail s’inscrit dans une recherche exigeante où l’esthétique ne peut être dissociée de l’engagement humain et politique.

Danielle Gabou a collaboré avec l’UNESCO sur deux créations labellisées : « Le racisme expliqué aux enfants » et « Moi, Tituba sorcière noire de Salem », deux œuvres qui questionnent les mécanismes de domination et les héritages postcoloniaux.

En 2023, elle coordonne l’exposition « Pour l’amour de soi » au Musée des Beaux-Arts de Nancy. Ce projet artistique et social, mené avec des personnes en grande précarité, interroge le regard sur soi, le corps et la dignité, et affirme la création comme un espace de soin et de reconquête symbolique.

Son théâtre documentaire « Au nom de toutes » aborde les violences conjugales à travers la parole et le corps des femmes. En mêlant témoignages réels, écriture scénique et mouvement, la pièce met en lumière la résilience et la puissance de celles qui transforment la douleur en force créatrice.

Avec « Celles qui veillent », sa recherche-création actuelle, Danielle Gabou poursuit un travail autour du soin comme acte de résistance et de transmission, où la scène devient un espace d’hospitalité, de réparation et de mémoire.

Son œuvre se situe au croisement du politique et du poétique, du collectif et de l’intime, faisant du théâtre un lieu d’émancipation, de rencontre et de transformation.

Collaboration avec
l'Opéra de Paris

Depuis plusieurs années, Danielle Gabou affirme une présence régulière dans l’univers de Krzysztof Warlikowski à l’Opéra national de Paris, dont l’œuvre fait de la scène un lieu de dévoilement où le corps devient à la fois mémoire, blessure et résistance. Chez Warlikowski, le plateau n’est jamais un simple espace de représentation : il est le lieu où le monde se fracture, où l’intime rencontre l’Histoire, où les êtres traversent la violence, le désir, l’effondrement et la survivance. Le corps y porte ce que les mots ne suffisent plus à dire ; il devient l’archive sensible des drames collectifs, des héritages enfouis, des identités menacées, mais aussi la dernière forme d’insoumission face à ce qui écrase, norme ou efface. Dans cette vision profondément incarnée, nourrie également par le travail de Claude Bardouil sur le mouvement et par l’univers plastique de Małgorzata Szczęśniak, l’esthétique ne relève jamais du seul visible : elle engage une pensée du monde, une traversée de ses failles, une manière de rendre perceptible ce qui, dans l’humain, vacille et résiste tout à la fois.

Elle a participé à plusieurs productions marquantes, parmi lesquelles Le Château de Barbe-Bleue / La Voix humaine de Béla Bartók et Francis Poulenc, créé au Palais Garnier en 2015 et repris en 2018 ; Don Carlos de Verdi, créé à l’Opéra Bastille en 2017 et repris en 2025 ; Lady Macbeth de Mzensk de Chostakovitch, donnée à l’Opéra Bastille en 2019 ; A Quiet Place de Leonard Bernstein, présenté au Palais Garnier en 2022 ; ainsi que Hamlet d’Ambroise Thomas, donné à l’Opéra Bastille en 2023.

À travers cette traversée fidèle de l’univers de Warlikowski, Danielle Gabou inscrit son propre travail dans une pensée du plateau comme lieu de lucidité, de tension et de présence, où l’art n’apaise pas le réel, mais l’affronte, le creuse et tente, dans le même mouvement, d’en sauver quelque chose.

Par cette fidélité à un théâtre qui fait du corps le lieu d’inscription du monde, Danielle Gabou nourrit une expérience artistique rare, au sein d’une œuvre où la scène devient l’espace même d’une lutte : contre l’oubli, contre l’effacement, contre tout ce qui menace la part irréductible du vivant.